Josette croit en Thomas, son « chouchou chanteur »
«Vous savez, Josette, ça y est, ils ont ouvert les inscriptions sur M6 ». Josette, la patronne du salon Actif'coiffure, 4, boulevard Chanzy, n'a pas hésité : « Tu dois y aller. Il faut que tu tentes ta chance. Tu auras rarement une autre occasion ! »
Novembre 2008. Cela faisait des jours que Thomas Bonneau, son jeune apprenti, parlait de « Nouvelle star », l'émission de M6 qui le faisait rêver. « C'est vrai, reconnaît Josette. Il a une voix extraordinaire. Il est très émouvant. » Seulement, rêver de chanter c'est bien. Mais quand on se prépare à passer son CAP de coiffeur quelques mois plus tard, est-ce bien raisonnable de céder au chant des sirènes ?
« Merci pour tout Josette »
Josette a fait la part des choses : « Ce n'est pas un CAP qui fait un bon coiffeur. Il faut des années de pratique. Alors je lui ai dit : si ça ne marche pas et que tu rates ton CAP, tu le passeras plus tard. Qu'est-ce qu'une année, alors que tu as peut-être là l'opportunité de toute une vie ? »
Josette téléphone. Elle inscrit Thomas. « Quand il est arrivé chez Patricia, sa maman, Thomas lui a dit : ''Tu sais ce qu'elle a fait Josette ? Elle m'a inscrit !'' Il était fou de joie. »
Maintenant, Josette ne le lâche plus. Les petits messages sont là : « Tenez, regardez ce qu'il m'a écrit. » Sur la photo dédicacée, Thomas exprime toute sa reconnaissance : « Merci pour tout, Josette. Sans vous, je n'y serais pas. Mille fois merci. Gros bisous. Love ».
Josette croit en son « chouchou ». Elle a déjà fait le voyage à Paris et passé une soirée au pavillon Baltard. « On voit bien que c'est une grosse machine. Mais qui peut ouvrir des portes. Même s'il ne gagne pas, il peut être remarqué. Vous vous rendez compte que c'est la sixième fois qu'il passe ? » La semaine dernière, alors que Josette se baladait justement à Paris : « Dans un magasin, je suis tombée par hasard sur Thomas. Il s'est jeté dans mes bras : ma patrounette ! a-t-il lâché »
« Premier de la classe »
Mardi soir, Josette est restée devant son écran de télé. La coiffeuse a aussitôt jugé le changement de look de son « petit ». « Là, il avait l'air d'un garçon très sage, bon élève. Il faisait premier de la classe. Ça lui va bien. Ils lui avaient collé la mèche avec de la laque. Ça le change. Mais il faut qu'il reste ce qu'il est. Et surtout, qu'il ne change pas de mentalité. Il est bien élevé. Il est très gentil. C'est quelqu'un qui a du respect pour les autres. J'oserais dire que je ne lui connais aucun défaut. La seule chose qui m'inquiète, c'est qu'il prenne bien conscience qu'on n'est pas dans le monde des Bisounours, qu'il ne soit pas trop naïf. Il n'a que 17 ans. Heureusement, il est très bien entouré. Sa famille est là pour le protéger. Les clientes l'adorent. Elles me disent toutes qu'elles votent pour lui au téléphone, mais elles ont toutes hâte qu'il revienne les coiffer ! »
Et ce qui fait aussi plaisir à Josette, c'est que Barbezieux commence à se « réveiller ». « Hormis des messages d'encouragement de monsieur le maire et du conseiller général, ici, personne ne bougeait jusqu'à présent. Mais hier, monsieur Gaurieau, qui s'occupe de la culture à la Ville, est passé pour porter des affiches imprimées à la mairie. Cela fait plaisir. »
Idem à la Communauté de communes, mercredi dernier à Berneuil, Michel Varenne, délégué de Salles-de-Barbezieux, où habitent les parents de Thomas, a lancé un appel à la mobilisation pour voter pour le petit chanteur de Barbezieux.
Auteur : Mauricette Boutin - Sud Ouest


