"J'ai l'habitude d'être la diva"

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"J'ai l'habitude d'être la diva"

Messagede missanne le 08 Mai 2008 9:03

"J'ai l'habitude d'être la diva"

(08/05/2008)

Madonna se confie à la DH, en exclusivité

BRUXELLES Madonna est partout, de toutes les modes, de toutes les nouveautés, de toutes les réussites. Et son dernier disque, Hard Candy, qui pioche allègrement dans le style r'n'b, ne déroge pas à la règle : c'est déjà un réel succès. La chanteuse nous parle de ce dernier opus, façonné avec la crème des performers (Justin Timberlake, Timbaland, Pharrell), en exclusivité.

Hard Candy a dû être difficile à concevoir...

"Il n'a pas été fait d'une traite. C'était toujours interrompu parce que Pharrell, Justin Timberlake et Timbaland étaient tous très occupés. Ils travaillent avec beaucoup d'artistes différents, ils étaient en tournée, ils étaient sur des films, etc. Donc oui, ça a été dur à programmer. Au final, j'ai fait ce disque par intermittence : deux semaines de travail, deux autres d'attente. Ça a pris du temps..."

Vous aussi deviez être difficile à atteindre...

"Probablement, mais, de mon point de vue, c'était eux qui l'étaient, pas moi. (Elle rigole) Sérieusement, je pense que c'est difficile pour chacun d'entre nous de faire coordonner nos agendas et c'est bien là le plus grand challenge. Parce qu'en fait, quand nous sommes en studio et que nous faisons de la musique, tout est simple."

Vous êtes également présente au cinéma. La musique est-elle toujours la part centrale de votre vie créative ?

"En termes de créativité, j'ai commencé à m'exprimer en tant qu'artiste à travers la danse et c'était complètement relié à la musique. Donc pour moi, devenir songwriter, chanteuse et artiste de scène étaient une parfaite continuation à la danse. Et je pense que même quand je m'implique dans des projets de film, je pense toujours à eux en termes très musicaux. La musique fait partie intégrante de chaque aspect de ma créativité. J'en écrirai toujours. La musique parle aux gens comme aucune autre forme d'art. C'est, selon moi, la forme d'art la plus accessible. Vous pouvez dire que c'est mon premier amour."

À chaque fois que vous faites un album, vous explorez une nouvelle facette, un nouveau territoire. Avec celui-là, aviez-vous une idée claire, dès le départ, de ce que vous vouliez faire ?

"Quand j'ai pris la décision de travailler avec Pharrell, Justin et Timbaland, c'était vraiment juste parce que j'aimais leurs albums. Et après avoir fait Confessions on a dance floor, je me grattais la tête : bien, quelle sorte de musique voudrais-je faire ensuite ? Et donc je me suis demandé quelle était la musique que j'aimais pour le moment. Qu'est-ce que j'écoutais ? Quels albums j'avais achetés ? Qui m'excitait, musicalement parlant ? Et c'était ces trois-là. Donc, je me suis dit : allez, pourquoi ne pas travailler avec eux ? "

À partir de là, comment ça s'est passé ?

"Eh bien, j'ai pris leurs numéros de téléphone dans l'annuaire... (elle rit) Non, vous savez, c'est une affaire de managers qui appellent les autres managers. Mais en fait, Justin et Timbaland m'ont approchée. Et Pharrell aussi ! C'était d'abord "comme nous aimerions faire une chanson avec vous". Et j'ai dit : pourquoi juste une chanson, faisons un album entier ensemble. Et c'était parti."

Comment s'est passé le travail en studio ?

"Ce n'était pas ma manière normale de travailler : je n'ai pas l'habitude de travailler avec des gens qui sont aussi des performers, qui sortent aussi leur disque, leur tournée. Il y avait une énergie de travail différente. J'ai l'habitude d'être la diva dans la pièce et les personnes avec lesquelles je travaille sont plutôt un soutien pour moi. Donc j'ai dû m'adapter, partager l'espace de la diva. Mais c'était plaisant et parfois il y a eu des étincelles, mais ça donne quelque chose d'intéressant. Une fois que tout le monde s'est adapté à cet environnement, tout allait bien."
Madonna, Hard Candy (Warner).

Déborah Laurent (©Warner)
"J'aime prendre des risques"

Y a-t-il une chanson qui sert d'axe central sur lequel l'album repose ?

"D'une certaine manière, je pense que le premier single, Four Minutes To Save The World, est l'axe autour duquel l'album tourne, parce qu'il y a une certaine urgence. Et il y a un côté sérieux et, en même temps, un côté fun et enlevé. Et je pense que vous avez cela dans l'ensemble du disque."

Parlons de cette chanson. Vous mentionnez une urgence...

"Oui, si vous faites attention à ce qui se passe dans le monde, au Moyen- Orient, ce qui se passe avec les élections, l'environnement... il y a juste tant de chaos et d'agitation partout. Tous les signes indiquent que les gens se réveillent et commencent à faire attention, et au monde autour d'eux et à ce qu'ils pourraient en faire. Serez-vous une partie du problème ou une partie de la solution ? Mais je pense aussi que les gens ont également besoin d'être encouragés et d'avoir du bon temps. Nous ne pouvons pas être paralysés par toutes ces informations négatives. On a besoin de garder espoir. Je pense que 4 Minutes To Save The World vient de cette idée. Pensez-vous que vous pouvez sauver le monde avec une chanson ? Pouvez-vous réveiller les gens ?"

Qu'avez-vous appris sur vous ?

"Je pense qu'à chaque fois que vous avancez dans un environnement inhabituel, vous apprenez quelque chose à propos de vous. Vous apprenez à faire des compromis, à être confiant en l'inconnu. Vous savez, il y a des jours où je ne sais pas exactement comment je vais faire les choses. Mais j'y vais quand même. Et vous savez quoi ? Je les fais ! Et parfois, je suis inquiète. Mais c'est important. Je pense que ça arrive à beaucoup d'artistes talentueux. Je pense que c'est bien de prendre des risques et d'essayer de nouvelles choses."


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